L'ENFANT INFIRME MOTEUR D'ORIGINE CEREBRALE ; AVANT PROPOS

Publié le par gicquiaud

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Je laisse là une trace de toute l’expérience acquise d’une équipe pluridisciplinaire dans un Institut Médico Educatif à CORNUSSE. Pendant 20 ans après ma retraite je me suis consacré à l’écriture (
http://ecrivassier.over-blog.com) mais à 80 ans révolus l’envie me prend de réactualiser mon passé

 

L’ENFANT INFIRME MOTEUR D’ORIGINE CÉRÉBRALE

 

AVANT PROPOS

 

Marcher, tenir, parler, sourire. Il n'est pas de sujet parfait, mais il y a une moyenne, il y a ceux qui sont dans cette NORME, et ceux qui sont différents, que l'on remarque, et qui parfois nous choquent.

Le sujet dit "normal" lui  ne gêne personne. C'est celui qui est dans la moyenne, on ne le remarque pas, il se fond dans la masse. Il n'y a aucune vanité à tirer d'une supériorité supposée. Certains ont de réelles difficultés avec eux-mêmes et avec les autres. On croise des doux et des méchants, des génies et des médiocres. Mais ils n'ont pas de limitations de leur activité physique, et peuvent profiter de certains apports sociaux. Ils peuvent travailler, selon leurs capacités. Avec un peu de persévérance, un peu de chance ou de relations, trouver un emploi plus ou moins bien selon leurs compétences, être licenciés, être jetés à la rue. Ils ne choquent pas, parfois on les envie, parfois on les plaint, souvent on les juge.

Certains ont des incapacités physiques évidentes,  Des troubles Moteurs et  aussi des difficultés de contact, d'appréhension du monde, des autres, et d'eux-mêmes : au niveau de la sensation par déficiences sensorielles, au niveau de l'assimilation de cette perception par des troubles gnosiques, au niveau de l'action et de la communication par une gêne praxique. Ajoutons des problèmes de lenteur, de fatigabilité, de repérage dans le temps et dans l'espace, souvent l'éventualité d'épisodes convulsifs jugulés par des médicaments qui endorment parfois. Cet ensemble constitue l'infirmité motrice cérébrale.  

Il faut savoir que cette appellation d'I.M.C. a été créée par le Professeur Tardieu pour désigner parmi ceux que les anglo-saxons appellent les Paralysés Cérébraux, les sujets qui, à la suite de lésions encéphaliques, présentent des troubles moteurs sans retard intellectuel.

 

Il reste tous les autres qui ont des handicaps divers associés à ces troubles moteurs.

Le Comité Médical National d'Étude et de Traitement  avait  décidé d'appeler ceux qui cumulent ces difficultés avec celles propres de l'I.M.C.  : Des Infirmes Moteurs d'Origine Cérébrale.

On peut encore réaliser beaucoup avec un bon niveau intellectuel. Il est des sujets qui n'apprennent pas, parce qu'ils ne sont pas curieux, oublient, ne savent pas réfléchir, ne peuvent déduire, et aussi parce qu'ils n'en ont pas envie.

Il n'y a pas d'intelligence standard, mais il existe des limitations qui freinent l'efficience. De bonnes capacités de compréhension sont insuffisantes s'il y a blocage, faiblesse ou désordre de la personnalité, si les inquiétudes, les souffrances morales, détruisent l'harmonie d'un bon équilibre.

Qu'est-ce qu'un infirme Moteur d'Origine Cérébrale ?

C'est un infirme qui présente de multiples entraves au stade du contact direct avec le monde extérieur, par ses infirmités motrices, au stade de l'intégration, des assimilations de ce monde extérieur par ses difficultés gnosiques, au stade de la compréhension, du raisonnement, au stade du comportement et du caractère.

Si c'est un Infirme Moteur d'Origine Cérébrale, il n'est pas seulement moteur.

C'est en fait un catalogue de troubles dont le caractère principal est d'être d'origine cérébrale, et de présenter des perturbations motrices.

Mais c'est aussi le regroupement d'affections dont les manifestations sont voisines. Il y a ceux dont les lésions cérébrales sont établies et ne progressent pas, si ce n'est en amélioration par création de suppléances, de nouveaux circuits. Il y a des maladies évolutives dont les manifestations neurologiques sont semblables, mais que l'on retrouve chez d'autres membres de la famille. La prise en charge sera la même sur le plan de la motricité, mais parce qu'elles sont évolutives elles demanderont une réflexion approfondie sur nos attitudes, nos paroles, et nos actes. Le but de cet ouvrage  n'est pas d'étudier en détail tous les cas neurologiques. Il est seulement de faire comprendre, d’expliquer pour faire accepter, et peut-être aimer.

Essayons de ne pas projeter notre malaise devant l'insupportable, et de ne pas tomber dans le travers d'un interventionnisme excessif disproportionné avec les besoins réels, les désirs, l'avenir des individualités qui nous sont confiées, et ainsi d'éviter la réaction d'échec. Faisons le bilan des différents handicaps, dégageons les possibilités et essayons de les exploiter le plus concrètement possible dans le respect des choix et des ambitions de chacun, par la motivation et par l'obstacle. Notre service, c'est aider à une meilleure indépendance physique, une meilleure autonomie psychologique. Notre obligation n'est pas de résultats, mais de moyens.

Ne jamais oublier que nous préparons des adultes, pas pour nous, mais pour eux-mêmes.

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Mathilde Pommier 25/10/2010 13:07


J'aurais bien aimé entendre cela quand notre fille est née, en 1973. J'aurais bien aimé que son IMOC (il n'y a que 2-3 ans que je connais ce terme) soit reconnue et non déniée, obstinément déniée,
et nous-mêmes accusés, jusqu'à et y compris de maltraitance et d'inceste. Aujourd'hui, elle pourrait peut-être mieux accepter (et donc accepter de traiter) son handicap qui est léger du point de
vue physique, moins léger du point de vue cognitif, mais surtout accompagné de troubles de la personnalité (épilepsie partielle complexe et temporale). Elle souffrirait moins, et ses deux enfants
aussi.
Mais, même à ce jour, où l'IMC est enfin reconnue officiellement, elle est cependant souvent déniée chez les jeunes enfants (j'en ai plusieurs exemples dans mon entourage large), quant à l'IMOC, on
la confond, y compris dans nombre d'associations, avec l'IMC et le polyhandicap.
Merci de votre clarté.
Mathilde Pommier)
Je crois que je vais finir par écrire et publier (mais où ?), notre expérience pour tenter de faire bouger les choses.